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La francophonie en 10 points

Les récentes déclarations du Président de la République française, Emmanuel Macron, ont relancé le débat autour de la francophonie, un sujet auquel je m’intéresse depuis longtemps. C’est donc l’occasion pour moi de vous proposer une courte synthèse en 10 points.

1) Il était une fois…

…un géographe français nommé Onésime Reclus (1837-1916). Dans ses ouvrages, et c’est une nouveauté à l’époque, il classe les populations mondiales en fonction des langues parlées par celles-ci. C’est ainsi qu’en 1880, il invente le terme « francophonie ». Cependant, cette notion sera peu utilisée jusque dans les années 1960.

2) « Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre »

C’est en ces termes que Léopold Sédar Senghor (1906-2001), poète et premier président du Sénégal, définit la francophonie en 1962 dans l’article Le français, langue de culture (Revue Esprit n°311), souvent présenté comme le texte fondateur de la francophonie.

Léopold Sédar Senghor ainsi que d’autres présidents d’anciennes colonies françaises – Habib Bourguiba, Hamani Diori et  Norodom Shihanouk – ont travaillé à la création d’une communauté francophone.

L’article « Le français, langue de culture » (Revue « Esprit » n°311) est consultable et téléchargeable gratuitement : http://www.esprit.presse.fr/article/senghor-leopold-sedar/le-francais-langue-de-culture-32919

3) De l’importance des majuscules !

Le mot « francophonie » désigne l’ensemble des personnes qui parlent français quelles que soient les raisons : il peut s’agir de la langue maternelle, de la langue de socialisation, de la langue officielle (ou de l’une des langues officielles), de la langue de scolarisation, de la langue d’usage ou d’un choix personnel.

Le terme « Francophonie », quant à lui, renvoie au dispositif institutionnel : créée en 1970, à Niamey au Niger, l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) est devenue aujourd’hui l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui rassemble 84 États et gouvernements membres ou observateurs.

Précisons qu’un pays peut être francophone sans être membre de l’OIF (c’est le cas de l’Algérie).

4) Quelques chiffres …

La planète compte 274 millions de francophones répartis sur les 5 continents.

La majorité des francophones réside en Afrique (55%).

Le français est :

La 2e langue des organisations internationales

La 3e langue des affaires dans le monde

La 4e langue d’internet

La 5e langue la plus parlée au monde

Les chiffres qui précèdent sont issus du site de l’Organisation Internationale de la Francophonie https://www.francophonie.org/ © OIF. Vous y trouverez de nombreuses autres données statistiques.

5) L’espace francophone

La présence de la langue française sur les 5 continents s’est construite au gré d’une histoire complexe, mouvementée et parfois douloureuse.

Si le français est « né » en France, il s’est étendu aux territoires voisins (Belgique, Suisse, Andorre, Monaco, Val d’Aoste etc.) suite aux mouvements de population et à la mouvance des frontières.

Pour nombre de territoires francophones, le français est un héritage colonial : France d’Outre-Mer, Québec, Louisiane,  en Afrique du Nord ou subsaharienne, en Asie et en Océanie.

La francophonie peut également être le fruit d’une décision politique. C’est, par exemple, le cas de la Roumanie qui entretient des relations privilégiées avec la France depuis le XVIIIe siècle et a choisi le français comme langue de culture.

6)  Le français, une réalité linguistique plurielle

Le français est issu principalement du latin lui-même dérivé de l’indo-européen.

S’il évolue au fil du temps, il se développe également différemment selon les territoires où il est présent.

Il existe donc différentes variétés de la langue française à travers le monde (parfois au sein d’un même pays).

Aucune variété n’est meilleure qu’une autre.

Ces variétés partagent une base commune qui facilite l’intercompréhension entre les francophones.

Les différences portent sur le vocabulaire, l’accent et certaines formes grammaticales.

En bonne Normande, je ne résiste pas à l’envie de citer à  titre d’exemple le terme « camembérer » qui signifie « puer des pieds » au Sénégal.

7) Une langue en partage

Les francophones appartiennent à différentes aires culturelles.

Ils ne partagent pas nécessairement les mêmes lois, les mêmes traditions, les mêmes références.

Le français, langue commune, permet à ses locuteurs d’échanger leurs points de vue, de partager leurs différences, voire de dissiper les malentendus.

Il peut ainsi favoriser le dialogue et le développement de compétences interculturelles.

8) Francophilie  et/ou francophonie, on a le droit de choisir !

Bien que souvent présentés de manière conjointe, ces deux termes ne sont pas indissociables.

La francophilie c’est l’attitude d’une personne qui aime la France et les Français, soutient la politique française (dictionnaire le Grand Robert).

On peut donc être francophile sans être francophone ou, à l’inverse, francophone sans être francophile.

9) La francophonie en action

Si vous souhaitez voir la francophonie à l’œuvre, je vous conseille vivement Destination francophonie diffusée sur TV5 Monde. Les archives de ce programme hebdomadaire sont disponibles sur le site de la chaîne (près de 200 numéros !) : http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Destination-Francophonie/p-23140-Accueil.htm  Les sujets sont très variés et abordés de manière efficace et concise (3 minutes environ).

Citons également les manifestations principales autour de la francophonie :

La journée internationale de la Francophonie est célébrée chaque année le 20 mars. Cette date a été choisie en référence à la date de création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) le 20 mars 1970. http://www.20mars.francophonie.org/

Tous les ans, également en mars, se déroule dans plusieurs pays La semaine de la langue française et de la francophonie.

Enfin, les Jeux de la Francophonie ont lieu tous les  4 ans. Les prochains Jeux, en 2021, se tiendront dans la province canadienne du Nouveau Brunswick.  https://www.jeux.francophonie.org/

10) Quel avenir pour la francophonie ?

Rassurez-vous, si j’ai commencé cet article en évoquant la naissance de la francophonie, je ne l’achèverai pas en annonçant sa mort ! La francophonie est bien vivante.

Certes, elle porte en elle de profondes blessures, notamment celles laissées par la colonisation. Mais s’il n’est pas question de les oublier, ni même de les minimiser, il me semble qu’il nous appartient de les dépasser pour créer la francophonie de demain.

Il est en notre pouvoir de faire en sorte que la langue française ne redevienne jamais un instrument de domination mais qu’elle soit, au contraire, et encore plus qu’aujourd’hui, une passerelle entre les peuples et un facteur de diversité.

Le français peut contribuer à ce que mondialisation ne rime pas avec uniformisation.

Si la Francophonie institutionnelle peut/doit permettre le rayonnement de ces valeurs, n’oublions jamais que la francophonie appartient à tous les francophones et qu’elle sera ce que nous en ferons.

separateur

J’ai voulu proposer un article aussi clair et concis que possible. Il n’est sans doute pas exempt de raccourcis ou d’approximations. Par conséquent, n’hésitez pas à  utiliser les commentaires pour apporter les précisions que vous jugerez utiles.

Par ailleurs, le point n°10 reflète uniquement mon opinion personnelle.

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